La Cerise
La Cerise du 28 février.
Pour ou contre les mois raccourcis, le temps compressé ?
Je prends le temps de te saluer, toi la lectrice fidèle, toi la lectrice occasionnelle, toi la petite nouvelle et vous, les gars qui passez par là aussi ! ♥
J’envoie des remerciements chaleureux à Sarah de Paris qui vient d’abonner ses copines à La Cerise et de gagner un exemplaire dédicacé de Compotes et Caramels pour Nikki et Markus. Surveille ta boîte aux lettres, il devrait arriver ces jours-ci chez toi. ♥
Un podcast, un projet, un livre et bien plus entre les interstices. Suis-moi, c’est parti ! Et tout en bas, tout en bas, une proposition d’après-midi d’écriture créative ressourçante et joyeuse à Toulouse à la fin du mois d’avril. ♥
Faut-il apprendre à cultiver la solitude ?
Lauren Bastide, invitée par Camille Teste dans le podcast Encore Heureux, pour réfléchir à cette question, évoque immanquablement le texte de Virginia Woolf, Une Chambre à soi.
Dans cet essai de 1929, l’Anglaise interroge toutes les constructions historiques, économiques et sociales qui, au fil des siècles, ont empêché les femmes d’écrire, de penser et de créer avec la même liberté que les hommes. Elle y affirme l’importance d’un espace personnel pour chaque femme qui veut créer.
La solitude peut apparaître comme une lubie de nanti·e·s.
C’est sûr que si tu vis accompagné·e, dans une pièce unique, ou que tu élèves seul·e tes marmots, la solitude est un doux rêve. Tu peux toujours investir, la douche, un coin de bibliothèque municipale ou imposer un quart d’heure de lecture chacun dans son lit, mais guère plus.
Lauren Bastide et Camille Teste distinguent d’emblée isolement et solitude. Grâce à elles, je mesure mieux ma chance d’avoir apprivoisé ma solitude et de me sentir en bonne compagnie avec moi-même. Ce serait, selon elles, un bon point de départ pour nourrir des relations amoureuses et amicales saines et stables. J’ai pourtant longtemps fait partie de la team « mieux vaut traîner avec des cons que de rester toute seule »… Un jour j’ai vu mon petit garçon marcher seul dans la cour de récréation et il a incarné cette révélation d’adage populaire, « mieux vaut être seul que mal accompagné ». Et, allons plus loin… grâce à lui j’ai compris qu’on peut AIMER être seul·e ! Je n’y avais jamais pensé… Je vous rassure, cet enfant a bien vécu ses années d’école et a eu des copains. Il est aujourd’hui un adulte parfaitement sociable qui aime être peinard de temps en temps.
J’ai écouté avec une attention toute particulière le passage dans lequel elles évoquent le fait de se parler seule à voix haute…comme une vieille fille…comme une vieille folle. Les stéréotypes ont la peau dure. Montaigne ou Rousseau qui soliloquent, ça donne de grands philosophes, pas de doux dingues ! Parler à voix haute permettrait de s’organiser, de se rassurer, de faire vivre ses idées : je dis oui !
Le couchsurfing en Italie
J’aime tellement être seule que j’ai décidé d’aller dormir chez des gens cet été en Italie ! Une copine m’a recommandé Nomad sister pour voyager solo ou entre amies chez des hébergeuses solidaires. L’équivalent du couchsurfing mais qui t’éviterait les déboires avec des mecs relous. Bon…après avoir eu des doutes sur le nombre d’inscrites sur le site, je me suis interrogée sur les disponibilités d’accueil dans les régions que j’ai choisies, les Marches et l’Ombrie. J’ai abandonné l’idée du couchsurfing, les forums de voyageurs expliquent que c’est assez peu pratiqué en Italie, difficile d’obtenir une réponse et souvent une galère pour les filles. Donc je suis encore à la recherche de vrais gens dans les Marches et en Ombrie pour pouvoir parler un peu italien et découvrir des lieux moins courus. Tu vas me dire qu’il reste Air bnb, mais je ne suis pas très raccord avec les pratiques de la plateforme
A suivre…
PS : j’ai écrit à Nomad Sister pour demander s’ils avaient des hébergements sur ces deux régions, car il fallait payer avant même de pouvoir accéder aux annonces. Ils ont été réactifs et honnêtes en me répondant qu’ils n’avaient rien au moment de mon mail. Cette réponse serait plutôt de nature à me donner envie de les recommander malgré tout.
PS 2 : ami·e·s italien·ne·s ne me laissez pas seule avec cette chanson de Laura Pausini qui me hante maintenant que j’ai décidé que la solitude était le fil rouge de cette newsletter !
Nourrices
Je te laisse avec Nourrices, ce premier roman de Séverine Cressan, que je viens de refermer. Une histoire qui met les corps et les fluides à l’honneur. C’est étrange de le dire comme ça, mais le texte relate un système d’exploitation des nourrices, ces femmes de la campagne qui offrent leur lait aux petits des bourgeois de la ville et aux enfants trouvés. La romancière réussit le tour de force de le faire en convoquant la lune, la terre et le vent, et en insufflant une force fantastique à son récit. C’est la première fois que je lis une histoire dans laquelle ces invisibles sont les personnages principaux. A la fois très seules avec leurs grossesses, leurs nouveaux-nés, leurs peurs et leurs doutes elles sont en même temps solidaires les unes des autres. Si tu le lis, tu me diras ce que tu as pensé de la farandole finale et du dernier chapitre.
J’attends de tes nouvelles. Tu peux répondre à ce mail si tu as des suggestions art de vivre et culture à me proposer, je me ferai une joie de te lire. Tu peux aussi transférer cette Cerise à tes ami·e·s. On se retrouve le 15 mars.
D’ici là… surveille les ramures et les bourgeons, le printemps arrive…
PS 3 : réserve ton après-midi du 29 avril si tu as envie de tenter une après-midi d’écriture créative à Toulouse. Ce sera super coocooning, je n’ouvre que 4 places. Je t’écris d’ici quelques jours pour t’en dire plus.


